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Tout d’abord, vérifions les données des « Cahiers du football » i.e. si, en effet, les grandes agglomérations sont bien présentes au plus haut niveau du football professionnel.
Le premier problème avec la France, c’est la notion de ville. Qu’est ce qu’une ville ? La France a cette particularité en Europe : les communes, héritées de 1789 qui ne correspondent plus à rien en 2009. On ne peut raisonnablement pas considérer la commune, comme une ville. Je préfère plutôt la notion d’agglomération ou encore mieux, la notion d’unité urbaine. Celle-ci correspond davantage au poids réel démographique et économique d’une ville en France.
Pour plus de détails sur les unités urbaines :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Unit%C3%A9_urbaineLa France compte 40 clubs professionnels et aussi 20 clubs dans cette division bâtarde qu’est le National. Le National étant condamné, à court terme, à évoluer en division professionnelle (Ligue 3) ou à mourir, je partirai donc sur l’hypothèse n°1 si vous le voulez bien. Disons donc que nous avons potentiellement 60 clubs professionnels.
Etendons les données des Cahiers qui annoncent que la moitié des clubs de L1 figurent parmi les 13 plus grandes villes à une théorie plus générale voire même plus stricte… Une division professionnelle devrait logiquement être occupée par au moins 50% de clubs évoluant dans les plus grandes villes.
Exemple : En ligue 1, les 10 plus grandes villes françaises devraient être représentées parmi les 20 clubs. Ou si Paris possédait 2 clubs en Ligue 1, les 9 plus grandes villes françaises devraient être représentées parmi les 20 clubs … etc …
Considérant cette dernière théorie et nos 60 clubs professionnels, regardons donc les 30 premières unités urbaines françaises (je suis allé jusqu’à 39) :
Unité urbaine Population (1999)
1 Paris 9 644 507
2 Marseille-Aix-en-Provence 1 349 772
3 Lyon 1 348 832
4 Lille (sans la partie belge) 1 000 900
5 Nice (sans Monaco) 888 784
6 Toulouse 761 090
7 Bordeaux 753 931
8 Nantes 544 932
9 Toulon 519 640
10 Douai – Lens 518 727
11 Strasbourg (sans la partie allemande) 427 245
12 Grenoble 419 334
13 Rouen 389 862
14 Valenciennes (sans la partie belge) 357 395
15 Nancy 331 363
16 Metz 322 526
17 Tours 297 631
18 Saint-Étienne 291 960
19 Montpellier 287 981
20 Rennes 272 263
21 Orléans 263 292
22 Béthune 259 198
23 Clermont-Ferrand 258 541
24 Avignon 253 580
25 Le Havre 248 547
26 Dijon 236 953
27 Mulhouse 234 445
28 Angers 226 843
29 Reims 215 581
30 Brest 210 055
31 Caen 199 490
32 Le Mans 194 825
33 Dunkerque 191 173
34 Pau 181 413
35 Bayonne 178 965
36 Limoges 173 299
37 Pointe-à-Pitre-Les Abymes 171 773
38 Perpignan 162 678
39 Amiens 160 815
En ce qui concerne le top 10, on note la présence de Toulon qui devrait donc logiquement figurer en ligue 1 d’après notre théorie et qui n’y est plus depuis bien longtemps ! C’est aussi le cas de Nantes mais là nous pouvons considérer qu’il s’agit d’une saison temporaire (j’essaie de me rassurer), comme c’était le cas de Lens l’an dernier.
Donc, pour cette saison nous avons « uniquement » 7 clubs en Ligue 1 figurant dans les plus grandes villes françaises.
Pour le top 20, c’est Rouen qui dénote … Cette ville devrait au minimum posséder une équipe en Ligue 2 (voire même en ligue 1 en ce qui me concerne compte tenu de la ferveur de ses suppoorters …).
Pour le top 30, le nombre d’intrus augmente : Orléans, Béthune, Avignon, Mulhouse. Ces 4 villes devraient logiquement évoluer au minimum en National. Deux n’en sont pas loin (Orléans, Mulhouse en CFA avec de grosses ambitions) mais Béthune voire Avignon sont vraiment à la traîne.
Avignon a par le passé figuré en ligue 2 et même en ligue 1 (ou division 1) et s’est ensuite écroulé pour raison financières. Le rapprochement avec Arles est d’ailleurs intéressant de ce point de vue. L’arrivée du club arlésien vers Avignon répond à un problème de stade certes mais est aussi une façon de pérenniser le club à ce niveau grâce à la force démographique et économique d’Avignon.
Pour Béthune, le cas est plus complexe. Mais il faut dire que la concurrence est rude dans le Nord-Pas-de-Calais et la proximité immédiate de Lens ne doivent pas favoriser l’éclosion du club local. Si nos amis nordistes ont d’autres explications, elles sont les bienvenues. Ce cas m’intéresse … Pourquoi Boulogne, Calais, par exemple, ont su s’imposer là ou Béthune a échoué ?
La suite demain …